"J'étais au marché. On m'a appelé pour me signaler qu'il y a des élèves qui tombaient en transe au lycée. Je suis arrivée, j'ai trouvé que ma fille était parmi. Je ne sais pas ce qui ne va pas avec le lycée là. Il y a de cela 3 mois environ, on signalait également des cas de transe là-bas ", explique une dame à l'hôpital de district de Mbanga.
Tout aurait commencé tôt, hier matin. " Il y a des élèves qui ont présenté des signes de malaise. Le phénomène a commencé sur deux ou trois filles qui sont tombées. Ça a entraîné l'agitation de leurs camarades. Il y a eu comme une contagion. Cette agitation a entraîné les plus faibles à s'évanouir aussi. C'est comme ça qu'on a enregistré une trentaine de cas. Les premières à tomber sont des malades asthmatiques que nous connaissons bien, des malades qui s'évanouissent souvent ", relève le proviseur Salomon Bian qui a par ailleurs appelé les parents à se calmer. " Ce n'est pas un phénomène nouveau. C'est un phénomène récurrent dans les établissements scolaires. "
La situation aurait donc provoqué la colère des jeunes du quartier Haoussa qui se sont rendus à l'établissement pour casser. Quelques battants de fenêtres ont été arrachés, ainsi que les tableaux dans certaines salles de classe. Il a fallu l'intervention du sous-préfet de Manga qui a persuadé les jeunes ainsi déchaînés de se calmer. L'entrée dans l'enceinte de l'établissement des jeunes déterminés à tout casser aurait provoqué un peu plus de peur chez les élèves. " Il y a une fille qui est d'abord tombée. Ça a provoqué la panique au sein de l'établissement. Quand certains jeunes en provenance du quartier Haoussa sont arrivés dans l'établissement avec du matériel pour casser. ça a encore affecté plusieurs élèves ", explique une victime.
C'est une fois à la maison que d'autres élèves sont tombés. " Quand je suis rentrée à la maison, je me suis rendue au marché. A mon retour, j'ai eu un malaise et un mal au niveau du coeur. Je suis tombée. En partant de l'école, les élèves tombaient déjà et j'avais un début de malaise ", soutient une autre fille.
Environ une soixantaine de cas ont été enregistrés. Les victimes ont été transportées à l'hôpital de district de Mbanga, au dispensaire catholique de Mbanga et l'hôpital Saint Jean de Malte de Djombé. D'autres parents ont choisi de transporter leurs enfants chez les tradi-praticiens.
Pour le docteur Georges Bouting Mayaka de Mbanga, c'est un problème de psychose. " On est venu ce matin avec des élèves qui présentaient des signes d'hystérie. Comme d'habitude, nous recevons ce genre de cas ; on ne s'est pas inquiété. C'est quand on s'est rendu compte que les gens venaient en série que nous avons vu les responsables qui nous ont expliqué qu'il y a d'abord eu deux personnes qui sont tombées et qu'il y a eu un brouhaha. Ce qui a provoqué la psychose. Les élèves (filles) qui sont faibles ont donc commencé à tomber à leur tour ", a expliqué le docteur.
Pour le médecin, plusieurs élèves accueillis le matin à l'hôpital avaient déjà regagné leur domicile. " Nous avons reçu une soixantaine de cas. Nous nous sommes occupés de ceux qui ont été conduits ici. Il ne reste qu'une trentaine d'élèves couchés à l'hôpital et je pense que d'ici 24 ou 48h, la situation sera maîtrisée et chacun pourra rentrer chez lui ". Pour lui, " c'est un problème de psychose qui peut se guérir par les conseils, la prise en charge psychologique, sociale et médicale. C'est un travail qui doit se faire en profondeur, beaucoup plus tard dans les familles ".
Aboubakar Mgbékoum








